Les actus de Ste Emilie du Villefranchois
Les actus de Ste Emilie du Villefranchois
Particulièrement mis à l’honneur depuis l’élection de Léon XIV, l’enseignement de saint Augustin est une précieuse ressource pour penser notre monde en crise, explique le Père Michel, chanoine du prieuré de l’abbaye de Lagrasse à Pau (Pyrénées-Atlantiques) et coauteur d’Augustin avec nous (éditions Fayard).
Père Michel : D’abord, parce que sa conversion personnelle lui a permis de penser comment convertir le monde encore largement païen dans lequel il était né, celui de la Rome antique. Ainsi, il mettait en avant le fait que le cœur de la vie humaine réside dans la recherche de Dieu, c’est-à-dire dans une recherche de la vérité qui n’est pas seulement philosophique ou conceptuelle, mais qui aboutit à la découverte du Christ. Pour Augustin, au centre de la civilisation chrétienne se trouve la personne de Jésus, le Verbe incarné. Le deuxième point, c’est que ce Dieu qu’il a cherché partout – à l’extérieur, dans la gloire, dans la richesse, dans l’ambition –, il a fini par le trouver à l’intérieur : « Mais toi, tu étais plus intime que l’intime de moi-même et plus élevé que les cimes de moi-même » comme il le dira dans Les Confessions. Saint Augustin a fait de l’intériorité un point central. Enfin, dans La Cité de Dieu, il explique qu’une civilisation ne peut tenir que si elle vise un au-delà en rendant un culte à Dieu, c’est-à-dire qu’elle n’est pas toute-
puissante.
Nous pouvons faire un parallèle avec notre époque, parce que le monde d’Augustin vit une crise culturelle, identitaire, philosophique, religieuse, mais aussi fiscale, administrative et même une crise migratoire. Saint Augustin voit une civilisation qui s’effondre. Ses contemporains, d’ailleurs sont paniqués et s’interrogent : si Rome s’effondre, qu’est-ce qui va rester debout ? Augustin a alors le génie de dire que les civilisations humaines sont mortelles. Rome peut s’effondrer, ce n’est pas très grave ! Quand, en 410, Rome est mise à sac par les barbares et que les réfugiés arrivent à Hippone avec un sentiment de fin du monde, Augustin leur explique que notre cité se trouve dans les cieux. Nous ne sommes chargés de faire tenir la cité de la terre que dans la mesure où elle nous permet de rallier la cité céleste, c’est-à-dire l’éternité. Donc, d’une certaine manière, saint Augustin nous permet de relativiser les crises politiques et même les crises de civilisation en nous disant que notre destinée n’est pas sur cette terre.
Le Pape a commenté la description de l’Église primitive au chapitre 4 des Actes des apôtres. C’est ce texte sur lequel saint Augustin s’appuie pour dire ce que doit être l’Église : « un seul coeur et une seule âme, orienté vers Dieu. » Le pape affirme que ce critère est celui de la vraie réforme de l’Église : « Aujourd’hui encore, nous devons accueillir et mettre en œuvre cette règle apostolique, en la méditant comme un critère authentique de réforme ecclésiale : une réforme qui, pour être vraie, commence par le cœur et qui, pour devenir efficace, concerne chacun. » Il annonce ainsi la réforme intérieure et spirituelle qu’il veut mettre en œuvre.
Si l’on peut dire qu’Augustin est un Africain, c’est d’abord parce qu’il est Romain et que l’Afrique était la plus belle des provinces romaines ! À son époque, on vit en Afrique exactement comme on vit à Rome. Dans toutes les petites villes africaines se trouvent un forum, des temples, un amphithéâtre, des jeux du cirque… L’Afrique du Nord, c’est Rome au soleil, c’est la Côte d’Azur de l’Empire !
En revanche, ce qui est notable, c’est qu’Augustin a vécu dans une Afrique berbère et sa mère, sainte Monique, était d’ailleurs une Berbère. Saint Augustin a vécu au milieu de populations mélangées, mais qui avaient un creuset commun : la romanité.
Oui, à condition de ne pas se tromper. Ce pont, ce n’est pas simplement de la complaisance ou une unité de façade. Dans un célèbre passage des Confessions, il évoque la question de l’amitié à travers le souvenir de la mort d’un ami. Il en arrive à la conclusion que la vraie amitié ne peut se fonder que sur la recherche commune de la vérité. Dès lors, on peut dire qu’il n’y aura pas d’unité possible entre les peuples s’il n’y a pas une recherche sincère de Dieu.
La grande leçon, c’est que les catéchumènes ont besoin d’être introduits aux mystères de la foi. Augustin a beaucoup hésité avant de demander le baptême. Pendant longtemps, il n’a pas compris le catholicisme : il voyait dans l’Évangile un livre rudimentaire, mal écrit, incompréhensible et qui lui paraissait grossier. Il a fini par ouvrir les yeux grâce à la fréquentation d’un évêque, saint Ambroise, rencontré à Milan, qui a su avec pédagogie lui faire découvrir la saveur de l’Écriture et la profondeur du mystère. À notre époque aussi, les catéchumènes – et les âmes droites ! – cherchent Dieu. Mais ce qui manque, ce sont des prédicateurs qui sachent leur faire découvrir la profondeur du mystère. Un autre point qui a été très important dans la conversion d’Augustin, c’est la découverte de la liturgie. Il a été profondément ému par la beauté des chants entendus dans la cathédrale de Milan. Cet amoureux de la beauté s’est dit que si ces chants étaient si beaux, c’est parce que Dieu était présent. Et il me semble que, pour aujourd’hui aussi, la beauté et le sacré sont des voies importantes vers Dieu.
Assurément : saint Augustin a été l’objet de quelque 200 citations depuis le début du pontificat ! Saint Augustin affleure derrière chaque phrase de Léon XIV, qui a un mode de pensée augustinien. Le point principal, c’est que l’unité qu’il veut pour l’Église n’est pas une unité de convenance ou diplomatique, mais une unité fondée sur le Christ. Léon XIV ne cesse de parler de la centralité du Christ et de l’unité entre catholiques. Il nous dit que si nous voulons être un, alors il faut nous unir sur l’essentiel. C’est sa devise : « In Illo uno unum », « En Celui qui est un, soyons un ».
Située entre Pâques et la Pentecôte, l’Ascension sera fêtée cette année le jeudi 14 mai 2026. Elle célèbre la montée du Christ au Ciel, quarante jours après sa Résurrection. Pourquoi cette fête est-elle importante pour les chrétiens ? Quel est son sens ?
La fête de l’Ascension représente, pour les chrétiens, le jour où Jésus est monté au Ciel rejoindre son Père, 40 jours après avoir ressuscité et promis à ses disciples de leur envoyer la force de l’Esprit Saint.
Depuis le IVe siècle, par fidélité au récit des Actes des apôtres qui date cet événement quarante jours après Pâques, l’Ascension est fêtée un jeudi. En France, l’Ascension est officiellement devenue un jour férié depuis le vote de la loi de 1905. Lors de la célébration liturgique de l’Ascension, le prêtre porte une chasuble blanche, couleur de la fête, de la lumière et de la joie.
Les deux termes sont très proches phonétiquement et sont souvent confondus car ils renvoient respectivement à la montée au ciel de Jésus et de Marie.
L’Ascension décrit donc l’élévation de Jésus vers Dieu. Du latin ascendere (« monter », « s’élever »), Jésus, mort et ressuscité, est lui-même à l’initiative de son ascension pour rejoindre son Père.
L’Assomption concerne, quant à elle, la montée au ciel de Marie. Le terme « assomption » provient du latin assumere (« assumer », « enlever ») qui signifie « prendre avec soi ». C'est donc à l’initiative de Dieu que Marie s’élève, corps et âme, vers Lui, en guise de privilège d’avoir porté et accompagné son fils Jésus.
Morlhon-le-Haut
C'est avec une grande tristesse que nous vous annonçons le décès de Monsieur Claude GAFFARD, survenu le mercredi 22 avril 2026, à l'âge de 87 ans.
Les obsèques religieuses seront célébrées samedi 25 avril 2026 à 10h30 en l’église Saint-Ferréol de Morlhon-le-Haut, suivies de l’inhumation au cimetière de Morlhon-le-Haut
Un dernier hommage peut lui être rendu à la Maison funéraire Vialelles, 53, Rue des Marbriers, Villefranche de Rouergue. Tél 05 65 45 75 53. Dépôt de condoléances sur vialellesfuneraires.fr
Salles-Courbatiès.
Frédéric et Evangeline, Bénédicte et Daniel, ses enfants ; Jules, Lily, ses petits-enfants ; Vanessa CHABBERT ; Christian et Josette CHABBERT, son frère et sa belle-sœur ; Sonia et Frédéric, Samuel et Marianne, ses neveux et nièces ; Oscar, son petit-neveu ; ses beaux-frères et belles-sœurs, parents et amis ont la tristesse de vous faire part du décès de
André CHABBERT survenu à l'âge de 79 ans.
Les obsèques religieuses seront célébrées le mardi 28 avril 2026, à 10h30 en l'église Notre-Dame de la Nativité de Salles-Courbatiès. Un dernier hommage peut lui être rendu à la chambre funéraire Bros à Lanuéjouls. Un registre de condoléances est ouvert sur le site www.pf-bros.fr. La famille remercie par avance toutes les personnes qui s'associeront à sa peine. Pompes Funèbres Bros Chambre funéraire Lanuéjouls 05 65 81 94 24.
Une enquête inédite menée auprès de personnes ayant reçu le sacrement de l’onction des malades confirme que celui-ci n’est pas seulement une prière d’accompagnement de l’agonie, mais un sacrement de guérison. À l’origine de cette enquête, l’abbé François Dedieu présente ses résultats, qui appellent à redonner toute sa place à ce signe de la présence agissante de Dieu au cœur de l’épreuve.
Quel est le vécu réel de ceux qui reçoivent le sacrement de l’onction des malades ? Qu’en attendent-ils ? Quels effets, spirituels ou corporels, en rapportent-ils ? Pour répondre à ces questions trop souvent laissées sans données précises, une enquête a été conduite de novembre 2025 à février 2026, avec le soutien et le relais de la Conférence des évêques de France. 263 personnes ayant reçu ce sacrement y ont répondu. Les résultats invitent l’Église à redécouvrir, dans toute son amplitude, ce que le Rituel lui-même affirme avec sobriété : l’onction des malades n’est pas seulement un accompagnement de la souffrance, elle est aussi un sacrement de guérison.
Contrairement à une représentation encore trop répandue, qui associe l’onction des malades à la seule agonie, 55,1% des répondants déclarent que leur maladie ne présentait pas de risque mortel. Les motifs sont multiples : maladie chronique, maladie grave, opération à venir, troubles psychiques, grande vieillesse ou accident. Le lieu de célébration le plus fréquent est l’église paroissiale (42%), devant le domicile (18%) et l’établissement de santé (14%). Ce sacrement de l’Église se vit, dans une large proportion, au cœur même de la communauté réunie.
Dans près de la moitié des cas (48%), c’est la personne elle-même qui a demandé l’onction. Dans l’autre moitié, c’est un prêtre (26%) ou des proches (24%) qui ont encouragé à la demander. Beaucoup de fidèles, même pratiquants, ignorent encore qu’ils peuvent demander ce sacrement bien avant les derniers instants. Clémence témoigne : "Avoir un curé qui m’a invitée à recevoir le sacrement comme soutien et consolation, en demandant la guérison, a été une grâce immense. Dans les mois qui ont suivi, le Seigneur nous a donné la grâce infinie d’accueillir de nouveau la vie. Deo gratias." Par ailleurs, 45% des répondants déclarent n’avoir bénéficié d’aucune préparation particulière, ce qui invite à développer des outils concrets : livrets de préparation, accompagnement par des laïcs formés, ressources en ligne.
56,3% des répondants font état d’une guérison au moins partielle — immédiate ou progressive, totale ou partielle. Quand une amélioration survient, elle est attribuée à l’onction seule ou conjointement à l’onction et aux médecins dans 81,8% des cas. Les témoignages donnent à ces chiffres leur chair. Catherine : "J’étais atteinte de deux cancers avec une forte probabilité de décès. J’ai ressenti comme une certitude que j’allais guérir, ce qui s’est passé. On a arrêté tous les traitements six mois après et cela fait dix ans." Martin avait 4 ans lors de sa méningite nosocomiale : les antibiotiques administrés s’avèrent hors cible selon l’antibiogramme, ils n’auraient pas dû agir. Le neurochirurgien jugé sa guérison incompréhensible ; à ses parents qui répondaient "il a reçu le sacrement des malades", long silence, puis : "La science n’explique pas tout, en effet."
Ce témoignage soulève une question canonique et théologique : le Code de droit canonique fixe l’usage de la raison comme condition minimale (CIC 1004, 1), héritage probable d’une conception ancienne du sacrement davantage orientée vers le pardon des péchés. S’il est bien ordonné au salut du corps et de l’âme, il n’y a pas d’âge pour être malade — ni, dès lors, d’âge pour que Dieu guérisse. Ces témoignages ne sont pas des garanties, mais ils sont la réalité vécue de fidèles qui ont fait l’expérience de la puissance agissante de Dieu dans un sacrement dont le Catéchisme rappelle qu’il confère la grâce du Saint-Esprit pour "conduire le malade à la guérison de l’âme, mais aussi à celle du corps, si telle est la volonté de Dieu" (CEC, 1520).
79,5% des répondants font état d’une paix intérieure, 60,1% d’une force pour lutter, et près d’une personne sur cinq témoigne d’une conversion personnelle. Olivier, diagnostiqué bipolaire, formule avec lucidité : "Je n’ai jamais perçu aucun effet, ce qui ne change pas ma foi profonde et totale en l’efficacité et au bienfait de ce sacrement." La grâce sacramentelle n’est pas toujours sensible, et la foi n’a pas besoin de l’émotion pour être réelle. La dimension communautaire est elle aussi significative : 36% ont reçu le sacrement au sein de leur communauté paroissiale, 32% entourés de proches. Monique le note : "La force reçue par ce sacrement se fait encore plus sentir par la prière de l’assemblée qui nous entoure et nous porte."
Enfin, près d’un tiers des répondants (30,8%) a également vécu une prière de type "prière des frères" ou "veillée de guérison". Ce chiffre invite à réfléchir à l’articulation entre ces deux offres de l’Église : le sacrement, acte du Christ dans son Église efficace par lui-même, et la prière fraternelle, expression de la charité de la communauté. C’est là un sujet qui gagnerait à être approfondi.
Cette enquête est une première en France. Elle ne prétend pas à la représentativité statistique d’un sondage aléatoire. Elle a cependant le mérite de faire entendre une voix, celle des bénéficiaires eux-mêmes, trop rarement écoutée dans les débats pastoraux et théologiques sur ce sacrement. Les données recueillies appellent à une catéchèse renouvelée, à des outils de préparation mieux adaptés, et à une culture paroissiale où l’onction des malades retrouve toute sa place : non pas comme un signe de la fin, mais comme un signe de la présence agissante du Seigneur au cœur de l’épreuve. Tous ces témoignages disent, chacun à leur manière, que Dieu guérit. Pas toujours comme on l’espère, pas toujours au moment où on l’attend. Mais il guérit.
Des myriades de petits mots disent la joie de croire. Chaque semaine nous les explorons pour en retrouver toute la saveur.
Le jour de Pâques, sur le chemin qui mène de Jérusalem à Emmaüs, deux disciples discutent avec un mystérieux voyageur des derniers événements de la passion et de la mort de Jésus. Le scandale de la crucifixion a déçu leur espérance. Tout semble fini pour eux, d’où leur visage triste. La Résurrection ? Ils en ont entendu parler bien sûr, mais n’ayant pas vu le Vivant, ils n’y croient pas. C’est pourtant avec Lui qu’ils marchent et conversent ! Et Jésus Ressuscité de constater combien leur esprit est sans intelligence et leur cœur lent à croire. Alors il se fait exégète, « et partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait » (Luc 24, 27).
Quels textes Jésus scrute-t-il ? D’abord « Moïse », appelé aussi « livre de Moïse », ou « loi de Moïse », ou simplement « loi », c’est-à-dire les cinq premiers livres de la Bible hébraïque : le Pentateuque. Il poursuit avec « tous les Prophètes », l’expression renvoyant à l’ensemble des livres prophétiques : Isaïe, Jérémie, Osée, Malachie… Sans doute passe-t-il ensuite aux Psaumes. En écoutant Jésus expliquer en quoi toute l’Écriture lui « rend témoignage » (Jean 5, 39), les disciples découvrent que les événements récents ne sont pas un échec, mais l’accomplissement des promesses. Le Christ n’abolit pas l’Écriture, il l’accomplit. On ne saurait donc séparer l’Ancien Testament du Nouveau, ce qu’a voulu faire Marcion au IIe siècle. Le tout est l’unique parole de Dieu qui nous est adressée.
Le Christ et son mystère pascal est indéchiffrable sans l’Ancien Testament, dont il est la clé de lecture fondamentale. « Ignorer les Écritures c’est ignorer le Christ » (saint Jérôme). Le contraire est vrai : seul le Christ peut ouvrir l’esprit « à l’intelligence des Écritures » (Luc 24, 45). Mais celle-ci demeure incomplète sans l’eucharistie. C’est en effet seulement au geste de la fraction du pain que les yeux des disciples d’Emmaüs s’ouvrent et qu’ils reconnaissent enfin Jésus. Alors ils éprouvent d’une manière nouvelle ce qu’ils viennent de vivre avec Lui : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » (Luc 24, 32). L’eucharistie nous ouvre à l’intelligence de l’Écriture et celle-ci éclaire à son tour l’eucharistie.
Le récit d’Emmaüs nous montre la Pâque comme une pédagogie tout autant que comme un événement historique. Par le questionnement, Jésus libère notre parole et nous fait découvrir qui nous sommes.
Dans la tradition juive, la fête de Pâques se célèbre en famille par un repas le soir de Pâques. Ce repas est l’occasion de retracer les moments forts de la vie du peuple hébreux et notamment cette libération d’Égypte. Ce repas commence par une question, et le plus jeune autour de la table pose la question suivante : "Pourquoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ?" Dans cette tradition spirituelle, il est intéressant que la Pâque commence par une question, car c’est un processus de libération de la parole. La question fait que cette parole qui était détenue comme prisonnière, en exil en Égypte, puisse advenir comme durant la traversée du désert puis de la mer Rouge.
Pour nous, l’importance de la question est aussi de prendre conscience qu’à chaque génération, par ce questionnement suscitant l’avènement de la parole, nous avons à sortir d’Égypte, à sortir de nos esclavages. Dans cet état d’esclavage, la parole est comme cadenassée. Il y a d’ailleurs un jeu de mots en hébreu au sujet de l’Égypte car il signifie "étau", "confiné", lieu où la parole est inexistante.
Dans le récit d’Emmaüs, le Seigneur entre en conversation avec les disciples en leur posant une question : "De quoi discutiez-vous en chemin ?" (Lc 24, 17.) J’ai fait une recherche à ce sujet à travers les écritures, et parmi les récits de résurrection, la question est toujours présente : "Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ?" (Lc 24, 5.) "Pourquoi êtes-vous bouleversés ?" (Lc 24, 38.) "Femme, pourquoi pleures-tu ?" (Jn 20, 15.) "Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ?" (Jn 21, 5.) "Pierre, m’aimes-tu ?" (Jn 21, 17.) On le sait bien, à travers la question, c’est cette parole qui se libère. C’est aussi cette manière de nous dire nous-mêmes, dans une identité narrative. À chaque fois à l’occasion de Pâques, nous avons besoin de nous redire à nous-même que le Christ vient nous libérer par Sa parole. Quel est le seul jour où il n’y a pas de parole prononcée si ce n’est le Samedi saint ?
La Pâque, c’est la parole qui advient à nouveau. Mais cette parole advient par une question pour nous permettre de cheminer, pour que nous puissions sortir de nos tombeaux, retrouver la parole, retrouver qui nous sommes, retrouver que nous sommes appelés à être des passeurs.
Pâques signifie passage : passage de l’esclavage à la liberté, passage de la mort à la vie. C’est par le questionnement que le Seigneur invite les disciples à être des passeurs à leur tour, à se mettre en chemin. Ils découvrent qu’ils ont quelque chose à accomplir, à advenir. Ils sont comme dans un devenir. Et ce passage de la mer Rouge par les Hébreux, ce passage de la mort à la vie nous transforme.
On le voit bien dans le récit d’Emmaüs : à la fin, les disciples ne sont plus les mêmes qu’au début, ils ont changé parce que cette parole a été prononcée, parce que la question du Christ les a mis en chemin, les a provoqués. Et c’est pour cela que pour nous-mêmes, il est important de voir la Pâque comme une pédagogie tout autant que comme un événement historique, si marquant soit-il. Par le questionnement, Jésus libère notre parole et nous fait ainsi découvrir qui nous sommes.
Nous avons à nous inspirer tant de la tradition juive que de l’exemple du Christ Lui-même quand Il s’approche de Ses disciples avec humilité, car à travers le questionnement, il y a cette interrogation qui pousse l’autre à aller plus loin.
Nous sommes invités à passer de l’autre côté de la mer Rouge, de l’autre côté de la mort, pour découvrir que nous avons à nous mettre en chemin. Nous avons à devenir des hommes et des femmes de passage.
Vous connaissez l’histoire de ce curé qui traverse sa paroisse en disant : "J’ai des réponses ! j’ai des réponses ! Qui a des questions ? Qui a des questions ?" Car au fond, la question va faire advenir en nous quelque chose de nouveau, et à Pâques, c’est bien quelque chose de nouveau qui va advenir. Oui, nous sommes invités à passer de l’autre côté de la mer Rouge, de l’autre côté de la mort, pour découvrir que nous avons à nous mettre en chemin. Nous avons à devenir des hommes et des femmes de passage.
Demandons au Seigneur que cette expérience — car c’est bien ce dont il s’agit, une expérience spirituelle qui commence par une mise en chemin qui a interrogés les marcheurs d’Emmaüs — soit un mode de procédé dans notre foi : ne nous lassons pas de nous poser des questions sur notre foi. Elle est pleine d’interrogations, car il y a des tas de choses qui nous surprennent, à commencer par la présence de Jésus sur l’autel après la consécration du pain et le vin. Il n’y a pas de questions idiotes, car la question est là pour nous faire accoucher de nous-mêmes, pour nous révéler en nous-mêmes qui nous sommes. On en parle déjà avec Socrate, avec la maïeutique : il s’agit de découvrir la vérité que nous avons en nous-mêmes. Il suffit qu’elle advienne au jour, que nous la "mettions au monde" pour la découvrir. C’est le même processus avec le maître qui pose les questions aux disciples. Ce qui est vrai en philosophie ainsi que chez nos aînés dans la foi, la tradition juive est vrai aussi pour nous : nous ne nous posons pas assez de questions, nous ne nous interrogeons pas assez sur notre foi. C’est sans doute parce que nous avons peur, parce que ce n’est pas notre pédagogie… Mais Pâques, c’est l’affirmation d’une pédagogie, une manière de faire, une forme d’enseignement.
Puissent les disciples d’Emmaüs être des exemples pour nous : après avoir expérimenté, répondu et écouté la parole — "la Foi vient par l’oreille", dit saint Paul (Rm 10, 17) — ils sont touchés par les paroles libératrices de Jésus et découvrent que cette parole les rejoint au plus intime. Faisons cette expérience en famille, en communauté, car c’est cette parole qui nous fait passer de la mort à la vie : la parole de Dieu est vivante, elle est vivifiante. "Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous tandis qu’il nous parlait sur la route ?" (Lc 24, 32.)
Pâques est un événement, c’est une rencontre spirituelle, une expérience spirituelle, mais c’est aussi une pédagogie. Demandons que nous puissions nous en emparer les uns et les autres pour que nous puissions progresser dans notre foi, et être sans cesse en cheminement, en avènement. Nous découvrirons que nous sommes les témoins d’un Dieu qui nous appelle des ténèbres à Son admirable lumière.
Après Pâques, une décompression spirituelle se produit chez la majorité des chrétiens. Pourtant la grâce du temps pascal est incomparable, qui fait de chaque jour un dimanche de la Résurrection, jusqu’à la Pentecôte.
Le carême nous prépare à Pâques durant quarante jours. Le temps pascal, lui, nous fait profiter de la grâce de la Résurrection durant cinquante jours, jusqu’à la Pentecôte. Pour les Pères de l’Église, le temps pascal est un unique jour de fête, comme un "grand dimanche" (saint Athanase). Autrement dit, c’est tous les jours le dimanche de Pâques jusqu’à Pentecôte ! Dans ces conditions, on peut légitimement se poser la question : pourquoi cette période n’a-t-elle pas la même densité spirituelle que le carême pour les croyants ? Plusieurs raisons, au moins, expliquent cette différence.
D’abord, après avoir atteint le sommet de Pâques, suite à l’ascension des quarante jours du carême, les chrétiens éprouvent le besoin de souffler. Une sorte de décompression spirituelle se produit. Ensuite, le temps pascal n’est pas "finalisé" comme l’est le carême par Pâques. La Pentecôte est trop loin dans le temps et beaucoup de croyants ignorent que cette fête est le couronnement de Pâques.
Troisième raison, en lien avec la précédente : la finalité du carême, Pâques, est autrement plus puissante que la Pentecôte. La Semaine sainte, le Triduum pascal, avec leur charge dramatique extraordinaire, sont plus marquants que la fête de l’effusion de l’Esprit. De même, on ne peut pas demander aux fidèles de se réjouir durant cinquante jours comme ils l’ont fait à Pâques ! Les chrétiens ne sont pas des surhommes. Eux aussi subissent la loi de l’entropie spirituelle qui veut qu’au fil du temps, une déperdition d’énergie se produise. De plus, insérés dans le monde, ce n’est pas tous les jours dimanche pour eux dans leurs vies de famille, de travail, pour les problèmes de santé, de relations, etc.
Une autre différence : durant le temps pascal, l’Église n’accompagne pas les catéchumènes vers le baptême, comme elle le fait durant le carême. Or, cet accompagnement contribue à densifier considérablement le temps pré-pascal. Ajoutons que pour le grand public, le carême est plus facilement identifiable que le temps pascal. Qui n’a pas entendu cette interrogation : "Le carême, c’est le ramadan des chrétiens, n’est-ce pas ?" Étrange question quand on sait qu’elle est posée dans un pays qui est chrétien depuis deux mille ans ! Le carême a d’ailleurs irrigué la culture et la langue : ne dit-on pas "tirer une face de carême" ? Quel chrétien n’a jamais été sollicité pour ramener des rameaux bénis durant la messe qui ouvre la Semaine sainte ?
Enfin, last but not least, les personnes sont plus impliquées quand on leur demande quelque chose (à faire). Or, le carême repose sur trois piliers : jeûne, prière, aumône. Ces actions de travail sur soi ou au profit des autres, sont causes de mobilisation et d’unification spirituelle. On le constate beaucoup chez les jeunes, très demandeurs de radicalité et d’ascèse. Le temps pascal n’offre rien de tel. Inévitablement, le relâchement qui suit les efforts du carême est préjudiciable à la pleine réception des grâces du temps pascal.
Pour toutes ces raisons, le temps pascal n’a pas la densité spirituelle du carême. Il ne sert à rien de le regretter car l’homme ne peut pas vivre sur les sommets bien longtemps. Cependant, cette réflexion n’est pas oiseuse parce qu’elle nous oblige à nous pencher sur la situation des nouveaux baptisés de la vigile pascale : les néophytes. Pour eux aussi, Pâques a représenté un aboutissement. Pourtant, le baptême n’est pas une fin en soi.
Né à nouveau de l’eau et de l’Esprit dans la cuve baptismale à Pâques, le néophyte ne fait que commencer sa vie chrétienne. Or, beaucoup de nouveaux baptisés "décrochent" rapidement de la vie ecclésiale après le baptême. Là aussi, les raisons de ce phénomène sont connues : panne d’intégration dans la vie paroissiale, absence d’accompagnateurs "post-baptême", manque de propositions d’activités pour que le néophyte se sente reconnu comme un membre à part entière de la communauté chrétienne, etc. C’est ainsi que certains diocèses ont mis en place un service de "néophytat" chargé d’accompagner et d’intégrer les nouveaux baptisés dans leur nouveau milieu de vie. L’enjeu est immense, surtout avec l’explosion du nombre de demandes de baptême que l’Église de France connaît actuellement.
Après deux semaines d'interruption, un convoi humanitaire de 30 tonnes, acheminé par l'Œuvre d'Orient, a pu atteindre lundi 20 avril les villages chrétiens du Sud-Liban, pris en tenaille entre Israël et le Hezbollah. Malgré les combats et l'ordre d'évacuation israélien, ces communautés refusent de quitter leurs terres.
Un convoi d'aide humanitaire a atteint les villages chrétiens du Sud-Liban ce lundi 20 avril, le premier depuis deux semaines. Chargé de 30 tonnes de nourriture et de kits d'hygiène, le camion affrété par l'Œuvre d'Orient avec le soutien de la Fondation CMA-CGM et escorté par la FINUL a notamment rejoint le village de Debel.
Il s'agit du septième convoi organisé par l'Œuvre d'Orient avec l'aide de l'ambassadeur du Vatican. Un soutien d'autant plus précieux que ces villages, isolés dans des zones de combat entre Israël et le Hezbollah, sont menacés de disparition. "Ce sont des villages dont on ne peut pas sortir, où les habitants sont privés de ressources", explique à Aleteia Vincent Gelot, directeur pays de l'Œuvre d'Orient pour la Syrie et le Liban. "Se déplacer jusqu'à ces villages est extrêmement dangereux. Lundi était un jour important car les villages que nous voulions rejoindre — Aïn Ebel, Debel et Rmeich — étaient inaccessibles depuis plus de deux semaines." Une victoire d'autant plus significative que lors de la dernière tentative de livrer un camion d'aide humanitaire à Debel, l'intensité des combats avait empêché l'expédition d'atteindre son but, un soldat français ayant même été blessé.
Aliments, médicaments, eau potable, mazout, gaz… Les besoins sont nombreux dans ces villages où les enfants ne peuvent plus aller à l'école normalement et où les habitants, pour la plupart agriculteurs, sont empêchés de travailler et d'accéder à leurs terres.
Malgré des routes endommagées par les combats et les chars israéliens, le camion a donc cette fois-ci pu entrer à Debel.
"Les habitants ont vraiment manifesté leur joie de nous voir arriver", raconte Vincent Gelot, "mais ils sont aussi épuisés, cela fait trois ans que cette région est en guerre. Ce sont des femmes, des enfants et des vieillards qui sont pris en tenaille par ce conflit. Malgré cela, ils donnent un véritable témoignage d'enracinement et de paix", constate-t-il.
Au mois de mars 2026, l'armée israélienne a ordonné l'évacuation de toutes les localités situées au sud de la rivière Litani, parmi lesquelles une quinzaine de villages chrétiens. Trois d'entre eux ont dû être évacués de force : Aalma ash-Shaab, Aouzar et Yaroun, ce dernier étant un village mixte chiite et chrétien, entièrement rasé aujourd'hui, rapporte Vincent Gelot. Pour les autres, le mot d'ordre est le même : résister, pacifiquement, à la menace de disparition. "Les villageois craignent de ne plus jamais pouvoir revenir une fois la guerre terminée et que cette incursion israélienne se transforme en occupation durable", résume Vincent Gelot.
Ce choix est fait parfois au prix du sang, comme en témoigne la mort du père Pierre El-Raï, prêtre maronite de Qlayaa, tué le 9 mars dans un bombardement israélien. Quelques jours plus tôt, il avait ainsi annoncé publiquement devant l'église du village que les chrétiens ne quitteraient pas les lieux, et qu'ils y resteraient sans arme, pacifiquement.
Afin que tous les chrétiens, guidés par l’Esprit Saint, témoignent de la joie de suivre le Christ, et encouragent chacun à répondre généreusement à l’appel de Dieu.
Prions pour que de nombreux jeunes entendent l’appel à servir Dieu et leurs frères comme prêtres, religieuses ou religieux, et qu’ils trouvent la force et le courage d’y répondre avec foi et confiance.
Prions pour que les familles soient des lieux d’écoute, de prière et de dialogue, où les vocations puissent germer et s’épanouir dans un climat de confiance et d’amour.
Prions pour tous ceux qui cherchent leur chemin de vie. Que le Seigneur les éclaire, les accompagne et leur donne la paix du cœur pour discerner l’appel qu’Il leur adresse.
Villefranche, vendredi 17 avril 2026
Bonjour à toutes et à tous,
La dernière édition de Collégiale infos est en cours de diffusion. Votre magazine mensuel sera distribué samedi soir 18 avril, à l'issue de la messe en la chapelle de la Sainte-Famille et dimanche matin 19 avril, après la messe dominicale en la collégiale Notre-Dame. Consultable en haut de page.
Dans l’esprit Laudato si’, une recette de saison pour faire aimer les légumes, même aux plus récalcitrants, vous est proposée en page « recettes-laudato-si ».
Les albums photos proposés la semaine dernière et illustrant les différentes célébrations de Pâques, restent toujours accessibles en cliquant ici.
Dans la presse chrétienne, en haut de page : Le pape Léon XIV et saint Augustin d’Hippone ** Une messe épiscopale pour les 25 ans de vie religieuse du frère Muthu ** Léon XIV : l'exigence de la vérité ** Pourquoi Jésus est-il appelé « Christ » ? ** Cameroun: une Église dynamique au cœur de l’Afrique, prête à accueillir Léon XIV ** «Faible» ; «catastrophique»... Donald Trump attaque Léon XIV, qui lui répond ** La journée de Léon XIV dans les pas de son maître spirituel ** Comment la méditation lente peut transformer votre vie.
Sur l’agenda ci-dessous :
du 22 au 25 avril : Aquerò Pour les collégiens de 4è et 3è . Une expérience de quatre jours exceptionnels à Lourdes.
Vendredi 8 mai : Ouverture des fêtes du couronnement à Ceignac.
Dimanche 10 mai 2026 : Messe annuelle de l’Œuvre d’Orient célébrée en la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Samedi 30 mai : concert de louange en l’église Saint-François de Millau.
Que Dieu nous garde,
L’équipe éditoriale de la paroisse Ste-Emilie
Du 13 au 23 avril 2026 : Le pape Léon XIV en Afrique. Du 13 au 23 avril 2026, le pape Léon XV effectuera un voyage apostolique en Afrique, marqué par plusieurs étapes riches en rencontres et en prière. Le Saint-Père se rendra successivement en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale.
du 22 au 25 avril Aquerò Pour les collégiens de 4e et 3e . Une expérience de quatre jours exceptionnels à Lourdes. Aquerò est un grand rassemblement provincial qui réunit tous les deux ans des centaines de jeunes venus de toute la région pour prier, chanter, célébrer, partager et vivre une vraie expérience de foi et d’amitié.
Vendredi 8 mai Ouverture des fêtes du couronnement à Ceignac • De 10 heures à 16 h 30 : journée festive pour la solennité de Notre Dame de Ceignac. • 10 h 45 : messe solennelle. • 14 heures : conférence de Monique Dugué-Boyer sur « Les Vierges couronnées de l’Aveyron ». • 15 heures : danses traditionnelles et goûter.
Le 10 mai 2026 : La messe annuelle de l’Œuvre d’Orient se tiendra le dimanche 10 mai 2026 en la cathédrale Notre-Dame de Paris et en présence de Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris et Ordinaire des Orientaux catholiques en France et Mgr Hugues de Woillemont, Directeur général.
Jeudi 14 mai : Ascension de Notre Seigneur
Du lundi 6 juillet 2026 au vendredi 10 juillet 2026 à 8h30 * Pélé VTT Aveyron - Notre Dame de Ceignac 2026 * Le Couvent 12200 MONTEILS